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Bonne année 2026 à toutes et tous !
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Professeur Philippe Conus, chef du service de psychiatrie générale, Hôpital universitaire Vaudois (Suisse)
"Plan urbain pour la santé mentale : faire aboutir le virage ambulatoire ?"
D’où vient votre réflexion autour d’un plan urbain pour la santé mentale ?
J’ai rencontré le Professeur Ola Söderström qui est professeur de géographie humaine à l’Université de Neufchâtel, branche qui étudie les activités, les sociétés et les cultures humaines à la surface de la Terre. Nous avons échangé sur le lien entre ville et santé mentale, considérant en particulier les connaissances désormais bien établies relatives au fait que vivre son enfance en ville augmente le risque de développer une psychose, ainsi que d’autres troubles de santé mentale. Nous avons ensuite travaillé sur un premier projet qui visait à étudier les trajectoires de vie urbaine de patients confrontés à un premier épisode de psychose, en particulier les éventuelles corrélations entre ces trajectoires et la survenue d’épisodes de psychose. On a filmé des parcours accompagnés à Lausanne pour comprendre comment les patients vivent la ville, puis nous les avons visionnés avec les personnes concernées pour qu’elles puissent nous exprimer leur ressenti de manière à identifier les lieux de stress et les lieux de répit dans le milieu urbain.
Comment les usagers des services de santé mentale vivent la ville ?
Cette approche nous a permis d'identifier trois principaux facteurs de stress : la densité des constructions et les obstacles à la mobilité, la surcharge sensorielle et l'interaction sociale (le regard des autres). Elle a également conduit à l'identification de trois stratégies utilisées par les patients pour faire face à ce stress : planifier et réguler les itinéraires de déplacement dans la ville, créer des bulles d'isolement et créer des atmosphères confortables (accompagnement par une personne familière ou port d'écouteurs, par exemple).
Grâce à un questionnaire rempli par près de 200 patients, nous avons aussi constaté que, grosso modo, un tiers n’est pas trop dérangé par la ville, un tiers ne s’y rend qu’au prix d’un effort de préparation et d’anticipation pour éviter les lieux de stress, le dernier tiers étant très impacté et ne s’y rendant plus du tout. Nous avons aussi fait une étude comparée sur le vécu de la ville par des étudiants en médecine et des patients, ce qui a mis en évidence des similitudes sur l’identification des lieux désagréables, avec moins de nécessité de les éviter chez les étudiants. En revanche, si les étudiants mentionnaient un important sentiment de ressourcement dans les lieux de répit, le bénéfice semblait très significativement plus faible pour les patients, un peu comme si l'anhédonie que bon nombre d’entre eux présentent les empêchait de profiter des effets bénéfiques de ces lieux.
Alors ? Aider les patients à s’adapter ou changer la ville ?
Avec ces données, notre premier réflexe a été de réfléchir à des stratégies de "remédiation urbaine" pour aider les patients à supporter la ville. Ola nous a alors fait remarquer qu’il serait peut-être plus pertinent, comme cela est le cas pour le handicap physique, d’adapter la ville aux besoins de ceux qui ont un trouble psychique. En considérant également que la population générale, bien que moins impactée défavorablement, souffre aussi des mêmes facteurs de stress urbain, une telle intervention serait bénéfique pour l’entier de la population.
Nous avons donc réfléchi au développement d’une stratégie visant à faire de la santé mentale un "bien commun". Concrètement, nous visons à rendre l'espace urbain plus propice au rétablissement des personnes concernées par la psychose et, plus généralement, plus propice à la santé mentale de tous ses habitants. Nous avons créé un panel de réflexion avec des patients, des professionnels, des politiques, des représentants des transports…, pour rendre plus accessibles divers lieux de la ville. Ce travail va au-delà des seules questions d’urbanisme. Il est aussi un vecteur pour appréhender ce qui n’a pas vraiment été pensé dans le virage ambulatoire des hôpitaux spécialisés, à savoir informer la population sur la présence dans la ville de personnes ayant des troubles psychiques et la préparer à leur faire un accueil adapté. C’est suite à la réflexion avec ce panel qu’est né notre second projet.
Que contient votre recherche-action participative et votre expérimentation ?
Nous avons imaginé différentes interventions, comme la création d’un label, affiché en façade des commerces, des musées, des transports publics ou bibliothèques municipales, signalant que le personnel qui y travaille est formé, conscient que certaines personnes ont des difficultés psychiques et qu'il est en capacité de réagir de manière adaptée, par exemple en faisant preuve d’un peu de patience ou en acceptant qu’une personne ne puisse pas répondre à des questions dans l’immédiat car elle est stressée. Au final, nous avons sélectionné quelques interventions (voir la liste plus bas*), et nous sommes actuellement dans une phase de mesure de leur impact pour évaluer la perception qu’en ont les personnes concernées. Les résultats de cette évaluation devraient être publiés cette année. Nous travaillons également sur d’autres projets connexes comme une cartographie des lieux stressants et des lieux de répit avec la Municipalité de Lausanne.
Qu’en dit la "communauté" ?
Ce travail est très bien accueilli à la fois par les partenaires, en particulier les services municipaux, ainsi que par les personnes concernées. Le fait d’avoir organisé, il y a quelques années, des journées autour de la stigmatisation, au cours desquelles le maire a été sensibilisé aux questions de stigmatisation des troubles de santé mentale, a sans doute aidé. Il avait même rédigé une lettre de soutien lorsque nous avons effectué notre demande de financement au Fonds national suisse de la recherche pour le premier projet.
Après la Covid-19, ou plus récemment l’incendie de Crans-Montana, la sensibilité aux questions de santé mentale étant au plus haut. Nous espérons donc que les données issues de cette recherche alimenteront prochainement un plan municipal pour la santé mentale.
Je suis assez confiant sur les suites de ce projet, mon expérience m’a enseigné que l’humain est plutôt altruiste : lorsque l’on peut aider, la plupart des gens ont envie de le faire, et ce projet propose des domaines concrets dans lesquels la population peut jour son rôle pour favoriser l’inclusion des personnes plus fragiles. Finalement, les personnes concernées, avec leur sensibilité plus forte, nous font aller vers ce genre de projet qui amène un peu de bienveillance et de lien social dans nos sociétés.
Découvrez les publications associées à ces projets.
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* Aménager un espace de repli dans la bibliothèque municipale, comme lieu-refuge ; Développer une intervention paysagère/aménagement mobilier dans un parc urbain pour favoriser le contact avec la nature ; Favoriser l’usage et l’accès aux transports publics (gratuité temporaire, accompagnement, affluence…) ; Introduire des "heures calmes" dans un/des supermarchés du centre-ville ; Collaborer avec les petits commerçants pour tisser un réseau de commerces de proximité sensibilisés aux enjeux de la santé mentale ; Collaborer avec les cafetiers et restaurateurs pour proposer des conditions d’accueil adaptées et tisser un réseau d’établissements sensibilisés aux enjeux de santé mentale ; Créer des groupes de marche pour rendre l’espace urbain familier et connecter les différentes interventions ; Mettre en place des prescriptions muséales et aménager un espace de repli à Plateforme (quartier regroupant 3 musées) ; Collaborer avec d’autres galeries d'art et espaces culturels indépendants ; Développer un module de formation (présentiel et vidéo) en santé mentale pour les partenaires du projet ; Créer un site internet recensant les interventions proposées et autres ressources utiles pour les personnes concernées ; Mettre en place une carte ‘Lausanne santé mentale’, à remettre aux participant-e-s afin de leur permettre de signaler un besoin spécifique auprès des entités et services partenaires du projet (dans la même idée de ce qui se fait pour l’autisme ou le handicap invisible).
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Lancement d’une recherche sur la déprescription médicamenteuse pour la dépression
Le projet de recherche TapDep vise à tester en France une méthode de réduction des antidépresseurs déjà expérimentée aux Pays-Bas. TapDep est porté par les Hôpitaux Paris Est Val de Marne, avec le soutien du CHI de Créteil et du GCS pour la recherche et la formation en santé mentale du CCOMS, suite à l’obtention d’un financement au titre du Programme Hospitalier de Recherche Clinique (PHRC). Cette recherche sera déployée au niveau national, les sites investigateurs étant situés dans les établissements membres du GCS. Le projet de recherche TapDep vise à tester en France une méthode de réduction des antidépresseurs déjà expérimentée aux Pays-Bas. Les bénéfices attendus de l’essai pour les patients sont, via la réduction des antidépresseurs, une moindre exposition à leurs effets indésirables et une amélioration de la qualité de vie, et ce sans aggravation de la symptomatologie clinique. Il s'agit du premier essai clinique multicentrique en double aveugle et randomisé visant à évaluer cette méthode innovante.
Lire le communiqué.
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3 nouveaux établissements pour le GCS
Le Groupement de Coopération Sanitaire pour la recherche et la formation en santé mentale piloté par le CCOMS compte, depuis le 1er janvier, trois nouveaux membres. L'adhésion des Centres hospitaliers Gérard Marchant à Toulouse, Saint-Ylie Jura et Novillars a en effet été approuvée à l’unanimité par l'Assemblée générale accueillie par l'EPSMR le 18 décembre dernier. Bienvenue à ces établissements !
Voir la liste des établissements membres.
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Les recommandations de la Commission d'enquête santé mentale et handicap
Les recommandations du rapport de la Commission d’enquête parlementaire sur les défaillances des politiques publiques de prise en charge de la santé mentale et du handicap et les coûts de ces défaillances pour la société sont structurées autour de quatre axes : Adopter la culture de l’évaluation, de l’étude d’impact et des coûts évités ; Changer de perspective sur l’inclusion scolaire en adoptant une approche plus pragmatique, effective et proche des familles ; Investir davantage dans l’accès à l’autonomie réelle ; Investir dans la prévention et organiser l’offre de soins de santé mentale en fonction des réalités territoriales.
Consultez les recommandations dans le dossier de presse et le compte-rendu de l’audition du Dr Sebbane, directrice du CCOMS.
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Santé mentale : comprendre les déterminants pour agir 
Pour améliorer la santé mentale de la population, dont la pandémie de Covid a révélé la dégradation, il est important d'agir en amont sur les déterminants par des politiques publiques intersectorielles. Le numéro 471 de "La Santé en Action", publié par Santé publique France, explore les voies possibles pour des transformations collectives, qu'il s'agisse de créer des villes propices au bien-être des citadins, des milieux professionnels où les salariés se réalisent, des écoles où les jeunes se sentent bien et ont envie d'apprendre. Au-delà, des initiatives et des outils existent pour que tout le monde soit en mesure de prendre soin de sa santé mentale, comme de sa santé physique. On lira notamment l’entretien avec Sonia Charapoff et Fanny Pastant (CCOMS) à propos des CLSM.
A découvrir ici.
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Décryptage des disparités hospitalières dans le recours à l’isolement et à la contention mécanique : les résultats de RICOCHET
La récente publication scientifique du projet RICOCHET (Recours à l’Isolement et à la COntention en psyCHiatrie, analyse des variations entre ETablissements et facteurs associés à l’échelle nationale) décrypte les disparités hospitalières dans le recours à l’isolement et à la contention mécanique. En voici la conclusion :"Des variations importantes ont été constatées dans le recours à l'isolement et à la surveillance psychiatrique entre les hôpitaux français, variations qui ne peuvent s'expliquer uniquement par les besoins des patients. Si les caractéristiques des patients constituent de puissants facteurs prédictifs, plusieurs facteurs liés à l'établissement sont également associés à ces pratiques. Ces résultats soulignent la nécessité d'un suivi plus rigoureux et d'interventions ciblées afin de réduire ces variations injustifiées et soulèvent des questions d'équité et d'éthique dans les soins de santé mentale."
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Avis du CGLPL relatif aux enfants privés de liberté dans les établissements de santé mentale
L’avis du Contrôleur général des lieux de privation de liberté révèle que les enfants, pour la plupart hospitalisés "en soins libres", sont fréquemment pris en charge selon des modalités qui entraînent de nombreuses atteintes à leurs droits fondamentaux et méconnaissent des normes internes et internationales censées protéger les enfants. Le CGLPL observe un recours massif à l’isolement des mineurs hospitalisés en psychiatrie. Une des conséquences du cadre juridique applicable à l’hospitalisation en soins psychiatriques des mineurs est que les mesures d’isolement et de contention sont prohibées lorsque l’hospitalisation résulte de l’initiative des titulaires de l’autorité parentale ou du juge des enfants, puisqu’il s’agit de soins libres. Pourtant, le CGLPL constate fréquemment que des mineurs en hospitalisation libre font l’objet d’isolement et de contention alors qu’une telle privation de liberté est illégale hors du cadre des soins sans consentement. Alors qu’aucune donnée scientifique probante ne démontre l’effet thérapeutique de ces pratiques, leurs effets délétères sont au contraire mis en évidence par plusieurs études, au point qu’il est légitime de considérer qu’elles sont, en elles-mêmes, contraires à l’intérêt supérieur de l’enfant. L’isolement et la contention des mineurs hospitalisés en psychiatrie devraient dès lors être expressément interdits. Le CGLPL demande donc la création par le législateur d’un statut du mineur hospitalisé en psychiatrie pleinement respectueux de ses droits pour remédier à ces dysfonctionnements.
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ATIH : augmentation des hospitalisations en psychiatrie des adolescents
L'Agence Technique de l'Information sur l'Hospitalisation (ATIH) a diffusé les chiffres de l’activité en psychiatrie entre 2017 et 2024. 410 000 patients ont été pris en charge en hospitalisation complète ou partielle en psychiatrie en 2024, générant 21 millions de journées, en baisse de 2,2 % par rapport à 2023. Depuis 2022, les jeunes adultes (18-24 ans) présentent le taux d’hospitalisation à temps complet le plus élevé avec 6,5 patients pour 1 000 habitants âgés de 18 à 24 ans en 2024. Celui des adolescents (13-17 ans) est de 4,2 patients pour 1 000 habitants. Il dépasse les niveaux d’avant crise depuis 2021. Une hausse plus importante du recours à l'hospitalisation complète et partielle en psychiatrie des adolescentes et jeunes femmes est également mise en lumière.
A lire ici.
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Appel à projets de recherche appliquée - Troubles psychiques : participation sociale et citoyenne 2026
La Fondation des Amis de l’Atelier, la Fondation Falret et la Fondation Internationale de recherche appliquée sur le Handicap, lancent une nouvelle session de leur appel à projets de recherche appliquée ayant comme objectif général de produire des connaissances qui amélioreront la participation sociale et citoyenne des personnes vivant avec des troubles psychiques. Cet appel à projets s’intéressera à des sujets divers comme : les démarches d’accompagnement, l’entourage des personnes, la méconnaissance et les idées fausses sur la santé mentale qui engendrent une stigmatisation des personnes, les politiques publiques, etc. Il concerne les enfants, adultes et personnes âgées vivant avec des troubles psychiques.
Clôture de la réception des lettres d’intention : lundi 23 mars 2026
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OMS : Orientations sur les politiques et lesactions stratégiques visant à protéger et à promouvoir la santé mentale et le bien-être dans tous les secteurs gouvernementaux
Ce nouveau guide vise à aider les gouvernements à évaluer l’incidence des mandats, politiques et plans sectoriels sur la santé mentale et propose des mesures concrètes pour intégrer la santé mentale et le bien-être dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques sectorielles. Les orientations fournissent un cadre et une feuille de route complets pour l'intégration de la santé mentale dans tous les domaines des politiques publiques et offrent des orientations détaillées pour onze secteurs gouvernementaux clés (culture, éducation, emploi, justice…).
A lire ici.
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Les dirigeants mondiaux adoptent une déclaration historique sur les maladies non transmissibles et la santé mentale
Lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, les dirigeants du monde entier ont adopté une déclaration politique visant à lutter contre les maladies non transmissibles et à relever les défis liés à la santé mentale grâce à une approche pleinement intégrée. Intitulée "Équité et intégration : transformer les conditions de vie et les moyens de subsistance en faisant preuve de leadership et d’initiative concernant les maladies non transmissibles et la promotion de la santé mentale et du bien-être", cette déclaration politique est la première de ce type abordant à la fois les maladies non transmissibles et la santé mentale. Elle représente une possibilité exceptionnelle de progresser plus vite à l’échelle mondiale en vue d’atteindre un ensemble d’objectifs mondiaux spécifiques d’ici à 2030.
En savoir plus.
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Nouveau rapport de l’OMS Europe sur la santé mentale des enfants et des adolescents
L’OMS Europe a publié le rapport intitulé "La santé mentale des enfants et des adolescents dans la Région européenne de l’OMS : situation et actions visant à renforcer la qualité des soins". Pour la première fois, ce rapport rassemble des données clés sur la santé mentale des enfants et des jeunes. Ses résultats montrent que les femmes sont plus touchées que les hommes : 1 femme sur 4 âgée de 15 à 19 ans vit avec un problème de santé mentale. De plus, la prévalence des problèmes de santé mentale chez les 0-19 ans a augmenté d’un tiers au cours des 15 dernières années. Malgré ce besoin élevé, les environnements quotidiens ne soutiennent pas suffisamment la santé mentale de nos enfants et de nos jeunes. Le rapport énonce neuf actions clés pour stimuler les progrès.
Lire le rapport complet (en anglais).
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La souffrance psychique des professionnels de santé à nouveau mise en évidence par une étude de l’OMS Europe
Selon une nouvelle enquête de référence de l’OMS Europe, 1 médecin et 1 infirmier sur 3 souffrent de dépression, et 1 sur 10 a des pensées suicidaires passives. Si rien n’est fait, l’Europe sera confrontée, selon les projections, à une pénurie de 940 000 personnels de santé d’ici à 2030. Le rapport présente 7 mesures politiques urgentes que les pays doivent prendre pour améliorer les conditions de travail et changer les cultures organisationnelles, et pouvant toutes être mises en œuvre en réaffectant les ressources existantes, à savoir : faire preuve d’une tolérance zéro à l’égard de toute forme de violence ; améliorer la prévisibilité et la flexibilité des horaires de travail ; gérer les heures supplémentaires de manière équitable et créer une culture positive au travail ; réduire les charges de travail excessives ; former les responsables et développer leur sens de redevabilité ; élargir l’accès à un soutien en santé mentale ; procéder de manière régulière à un suivi du bien-être des personnels de santé et à l’établissement de rapports à ce sujet.
Lire le communiqué (en français) et l’étude complète (en anglais)
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Œuvrer pour que la dignité et la justice épistémique soient au cœur des pratiques en matière de santé mentale
La dignité s'enracine dans des valeurs telles que l'autonomie, la liberté et la responsabilité. Chaque interaction dans un établissement de soins peut être une expérience positive empreinte de dignité, grâce à l'implication des professionnels de santé. L’article de synthèse publié dans Academia Mental Health and Well-Being présente des exemples positifs de mise en œuvre d'approches respectueuses de la dignité et ayant fait leurs preuves dans différents types de services de santé mentale au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suède. Ces exemples illustrent la concrétisation des valeurs, offrant des pistes de réflexion et d'inspiration pour soutenir des changements positifs à l'échelle internationale. La prise de décision partagée est omniprésente dans plusieurs des exemples présentés, de même que l'implication de la famille et des pairs dans la planification, la prestation des soins et le recours à des personnes ayant une expérience vécue. Par ailleurs, les exemples soulignent combien le respect de l'expérience des usagers, leur autonomisation et leur participation active à leurs soins sont des composantes essentielles de la promotion de la dignité. Par conséquent, la mise en œuvre des méthodes indiquées dans cet article exige une volonté de se concentrer sur les atouts et les ressources des usagers et des aidants informels, en les reconnaissant comme des sources de connaissances compétentes et indispensables, en plus des connaissances apportées par les professionnels.
Lire l’article (en anglais).
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Soins communautaires axés sur le rétablissement : 5 essais contrôlés randomisés apportent des éléments de preuves probants de leur efficacité
L’article publié dans BMJ Global health présente les résultats de cinq essais contrôlés randomisés dans 5 pays (Bulgarie, Croatie, Monténégro, Macédoine du Nord et Roumanie). Les auteurs constatent que les soins communautaires ont amélioré le fonctionnement social et la qualité de vie des participants, avec des résultats cliniques similaires ou meilleurs à ceux de soins uniquement institutionnels. Le renforcement des services communautaires est efficace, mais nécessite une refonte du système, des investissements soutenus et une volonté politique. Le projet comportait des composantes politiques, cliniques et de recherche. Il a impliqué des personnes ayant une expérience vécue, des soignants, des cliniciens, des directeurs d’hôpitaux et des décideurs politiques locaux et nationaux pour trouver des moyens de faire progresser localement les soins de santé mentale communautaires. Les résultats démontrent que les approches communautaires axées sur le rétablissement fonctionnent et peuvent être mises en œuvre dans divers écosystèmes de santé mentale et à différentes phases des réformes en cours pour la transformation de la santé mentale.
Lire l’article ici (en anglais).
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Désinstitutionnalisation et pérennisation des alternatives communautaires aux milieux institutionnels
Le document publié par Global Leardership Exchange (GLE) résume les défis communs et les solutions prometteuses dans huit pays membres de ce réseau. L'accent est mis sur la désinstitutionnalisation et le développement d'alternatives communautaires durables aux structures institutionnelles. Il constitue une première étape vers la mise en place d'une ressource internationale évolutive sur ces sujets.
A lire ici (en anglais).
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Promotion et prévention en santé mentale : meilleures pratiques en santé publique
Le rapport publié par l'OCDE sur les meilleures pratiques en santé publique recense onze interventions prometteuses en santé mentale mises en œuvre dans les pays de l'OCDE et les 27 pays de l'UE. Il s'agit notamment de programmes de résilience en milieu scolaire, de formations à la sensibilisation à la santé mentale pour les professionnels de première ligne, d'initiatives de prévention du suicide et d'un meilleur accès aux services de santé mentale. Les analyses de l'OCDE montrent que ces interventions améliorent le bien-être mental, préviennent l'aggravation des symptômes, optimisent les résultats scolaires et professionnels et génèrent des bénéfices sanitaires et économiques mesurables. Avec un soutien politique adéquat – en particulier des investissements dans la planification des effectifs et le recours à des stratégies de mise en œuvre éprouvées – ces interventions peuvent être déployées et transférées avec succès dans d'autres pays.
A lire ici (en anglais).
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Retrouvez les 10 précédentes éditions de la Lettre du GCS ici.
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La Lettre du Groupement de coopération sanitaire pour la recherche et la formation en santé mentale est éditée par le Centre collaborateur de l'OMS (CCOMS), service de l’EPSM Lille métropole. Le GCS a pour objet la recherche, la formation et la mise en œuvre d’actions visant le développement de dispositifs de santé mentale intégrés dans la cité, incluant la prévention et l’insertion des publics souffrant de troubles mentaux. Le Groupement œuvre à la promotion des échanges professionnels et à toute action de lutte contre la stigmatisation en santé mentale et en psychiatrie. Il favorise et soutient la participation des représentants des usagers, des familles et des aidants. Le GCS, dont le conseil scientifique est celui du CCOMS de Lille, relaie les recommandations de l’OMS au niveau national et localement.
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