Prochaine Lettre du GCS en septembre : bonnes vacances à toutes et tous !

Voir la version en ligne.

Aurélie Tinland, Psychiatre et chercheuse en santé publique, APHM (Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille) Aix-Marseille Université
Elsa Castot, Médiatrice Santé-Pair, APHM (Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille)

"Avec les Médiateurs de Santé-Pairs, les directives anticipées diminuent réellement les soins sous contrainte"

Qu’est-ce qu’une directive anticipée en psychiatrie ?
AT : Les Directives anticipées (DAP) sont des documents qu’une personne peut remplir, à un moment où elle va bien, pour indiquer ses préférences et ses souhaits, en prévision d’un moment où elle aurait ses capacités décisionnelles altérées, voire abolies. Cela permet de faire entendre, pendant les moments de crise, sa volonté concernant les soins, et de faire valoir ses droits. Sur la façon de mettre ces principes en œuvre, il existe différentes façons de procéder. La notion de "directive" par exemple, qui fait référence directement au droit, ne fait pas l’unanimité. Les plans de crise conjoints sont par définition plus sanitaires. Pour autant, et comme la littérature internationale le confirme, il ne suffit pas d’inscrire ces outils dans la loi ou de les mettre à disposition pour qu’une personne en soins psychiatriques les utilise. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons choisi de travailler avec des Médiateurs de Santé-Pairs (MSP).
EC : Je voudrais ajouter que les DAP sont aussi de vrais outils d’empowerment. Il y a toute une partie des DAP sur la connaissance de soi, l’anticipation des moments de mal être et les stratégies que l’on peut mettre en œuvre pour aller mieux. Un long temps est dédié à cette partie dans les accompagnements que j’effectue, en particulier sur les ressources personnelles qui peuvent être mobilisées.
Pouvez-vous nous présenter votre recherche récemment publiée* sur ce sujet ?
AT : Nous avons mené une recherche interventionnelle, dont la partie intervention consistait au recrutement de MSP dédiés à l’aide à la rédaction des DAP. Les psychiatres ayant participé à l’étude (40) ont repéré des personnes suffisamment rétablies pour leur proposer de rédiger leurs DAP, puis les ont adressées à un MSP.
L’essai contrôlé randomisé nous a permis d’inclure 394 adultes atteints de schizophrénie, de trouble bipolaire de type I ou de trouble schizo-affectif avec une hospitalisation obligatoire antérieure. Ils ont été randomisés en 2 groupes (1 :1) : un groupe intervention avec les DAP accompagnées par un MSP, l’autre en témoin avec un suivi plus traditionnel. Les DAP pouvaient également être proposées à ce groupe, mais sans accompagnement par un MSP. Dans le groupe intervention, 54,6 % des participants ont complété les DAP (vs 7,1 % dans le groupe contrôle), parmi lesquels 75,7 % ont eu recours au soutien de MSP.
Je précise que l’étude a été réalisée sur 7 sites, avec des caractéristiques, notamment au niveau des orientations théoriques médicales, différentes, et que les personnes ont été suivies pendant 12 mois. Des assistants de recherche clinique ont rencontré les personnes tous les 6 mois pour remplir des questionnaires. Les données d’hospitalisation provenaient des DIM des hôpitaux, ce qui nous a permis d’avoir 100 % de recueil de données pour les personnes incluses. Nous avons eu un peu moins d’un tiers de perdus de vue, en partie à cause de la crise du Covid-19. Les résultats, à savoir que les participants du groupe intervention ont subi significativement moins d’hospitalisation sous contrainte que ceux du groupe témoin (-32%), appuient l'idée que l’utilisation de DAP facilitées par les MSP prévient la ré-hospitalisation sous contrainte des personnes atteintes de maladie mentale grave. D’autant plus que la population de l’étude a, comme cela était attendu, un fort taux de ré-hospitalisation.
Ces résultats ne veulent pas forcément dire que les équipes soignantes pratiquent moins la contrainte parce qu’il y a des directives anticipées. On constate en effet que les personnes elles-mêmes se placent dans une posture d’anticipation de leur crise, en identifiant leurs symptômes et en enclenchant d’eux-mêmes des parades et une organisation face à la crise. Il n’y a d’ailleurs pas vraiment d’effet de l’intervention sur les hospitalisations libres, mais celles-ci sont davantage considérées avec un point de vue préventif. On observe quand même des différences entre les sites, qui sont plus ou moins enclins à intégrer les DAP à leurs pratiques, selon qu’ils soient ou non orientés rétablissement (de 25 à 95% de respect des DAP, selon les sites). Un important travail de formation des professionnels aux enjeux des DAP reste à faire.
Mais le plus important n’est pas là, car au final, on voit dans cette étude qu’avec les DAP, se sont surtout les personnes qui changent, grâce à leur participation, via le MSP, à la reprise en main de leur parcours. La question de l’accès aux documents au moment de la crise par exemple est un problème finalement marginal. La notion de « directive » se base sur la loi, et le document fait référence aux droits. Elle comporte une dimension solennelle, et c’est cette sensibilisation des usagers à leurs droits qui, au final, compte le plus. Dans les données recueillies avec diverses échelles de mesure (empowerment scale et recovery assement scale), on constate d’ailleurs que les résultats les plus significatifs concernent d’abord le rétablissement, puis l’empowerment, puis la réduction des symptômes.

Pourquoi avoir travaillé avec des Médiateurs de Santé-Pairs ?
AT : Idéalement, la rédaction des DAP doit débuter un mois après l’hospitalisation. C’est un exercice qui prend du temps. Je suis convaincue que le fait de dédier une ressource humaine, à ce moment du parcours, à cette rédaction, est crucial pour améliorer le taux de remplissage. Qui plus est, une personne ayant un savoir expérientiel, car cela crée une relation différente qui, elle aussi, contribue à faciliter la mise en œuvre des DAP, en dehors d’une relation plus classique avec un soignant.
EC : Pendant l’étude j’ai mené des entretiens pour aider à la rédaction des Directives anticipées. Je commence toujours par expliquer ce qu’est un MSP, et cela crée vraiment tout de suite un lien, les personnes savent que je comprends ce qu’elles ont vécu. L’alliance se crée très rapidement et facilite l’implication de la personne dans la rédaction de ses DAP. Souvent, l’accompagnement se déroule sous la forme de trois entretiens d’une heure, en laissant entre eux un temps dédié à la réflexion et/ou pour demander l’avis d’un proche. Quand cela est nécessaire, je laisse plus de temps encore. Parfois, cet accompagnement s’étale sur un mois. Ces séances sont de véritable temps d’échange, de partage d’expérience et de communication.
Comment faire pour développer les DAP ?
AT : Nous avons déposé, avec plusieurs autres équipes, un projet de recherche sur la diffusion des différentes formes de DAP en France, afin de pouvoir proposer des données aux pouvoirs publics et aux établissements. Nous travaillons en parallèle un article sur les dépenses évitées par les DAP.
Enfin, nous organisons une journée avec des équipes qui les ont déjà, sous une forme ou sous une autre, expérimentées, le 16 novembre 2022, au Ministère de la Santé à Paris.

*Efficacité des directives anticipées psychiatriques facilitées par un Médiateur de Santé-pair sur les hospitalisations sous contrainte pour les personnes vivant avec des troubles psychiques: un essai clinique randomisé (étude DAiP) – Version françaiseVersion publiée en Anglais (Jama network, 6 juin 2022)

 
Retour sur le Conseil scientifique
Le dernier Conseil scientifique du CCOMS et du GCS s’est déroulé le 1er juin au CH Sainte-Anne à Paris. Concernant les actualités du centre, on retiendra notamment : la montée en charge des séances de sensibilisation sur la santé mentale pour les acteurs clés des quartiers prioritaires de la politique de la Ville (20 animations effectuées à date) ; la tenue de la rencontre nationale des coordonnateurs de CLSM et d’une journée nationale, co-organisée avec Élus, santé publique et territoires (ESPT), les 29 et 30 novembre, en prélude du Congrès international "Villes et santé mentale" des 1-2 décembre 2022 ; le lancement des formations à l’accueil d’un Médiateur de Santé-Pair dans un service, destinées aux professionnels, et la création d’un second cursus de licence Médiateur de Santé-Pair à l’Université de Bordeaux ; le déploiement, avec l’EPS Barthelemy Durand, du premier module de formation DPC QualityRights "Alternatives aux pratiques d’isolement et de contention en psychiatrie et santé mentale" à partir du mois de septembre ; dans le cadre du projet PATH, les projets d’informations (brochures, supports illustrés, podcast) et de formation (MOOC)sur la santé mentale périnatale ; le bilan positif des 5 formations aux enjeux du numérique en santé mentale organisées dans les établissements du GCS (124 apprenants formés), ou encore la très récente mise en place de l’enquête SMPG sur le Pôle Ouest de l’île de la Réunion. L’après-midi aura permis d’évoquer plusieurs projets, dont la création d’un centre national de ressources pour le développement du programme QualityRights, et un projet de recherche autour de la qualité de vie au travail des soignants en psychiatrie.

Une seconde formation au niveau licence pour les Médiateurs de Santé-Pairs
Le CCOMS ouvre un second cursus de formation pour les Médiateurs de Santé-Pairs avec l'Université de Bordeaux. La première session de la Licence Professionnelle mention "Intervention sociale - accompagnement de publics spécifiques, parcours Médiateur de Santé-Pair" débutera en novembre 2022. Rappel des modalités : c'est le fait d'être recruté par un établissement qui déclenche l’accès à la formation, il n'est pas possible de suivre ce cursus sans être en cours de recrutement ou bien déjà recruté en tant que Médiateur de Santé-Pair, ce qui signifie que l’on ne peut pas s’inscrire directement à la formation. Des créations de postes sont donc en préparation dans la région Nouvelle Aquitaine, et les premières offres d'emploi seront publiées sur la page Facebook du programme à partir de la mi-juillet. 
Contacts : lpmsp@u-bordeaux.fr ; berenice.staedel@ghtpsy-npdc.fr

Vidéo : "La pair-aidance et le médiateur de santé pair"
Le jeudi 16 juin, Le Nouvel Hôpital de Navarre et le Centre Normandie Réhab organisaient la première journée normande sur la réhabilitation psychosociale ayant pour thème : "La réhab en pratique : de la pluridisciplinarité au service de l’inclusion dans la cité", Arnaud Dumoulin, cadre de santé et Gireg Dupont, Médiateur de Santé-Pair en poste depuis 2021 (Unité Ariane, EPSM de Caen), y animaient un atelier intitulé "La pair-aidance et le médiateur de santé pair". Cette intervention, très interactive, est disponible dans son intégralité via le lien ci-joint. Elle propose une présentation pédagogique et exhaustive de la démarche de création puis d'intégration d'un poste de Médiateur de Santé-Pair en intercalant les points de vue du service et du MSP. Elle insiste également sur les modalités d'accompagnement et de suivi de la démarche proposés par l'équipe du CCOMS.
Voir la vidéo ici. Télécharger la présentation.

Donnez-nous votre avis sur les besoins autour des outils numériques en santé mentale
L’étude IMAGINE est menée par le CCOMS de Lille dans le cadre du projet européen IT4Anxiety, Interreg Europe du Nord-Ouest. Cette recherche vise à décrire et à analyser l’usage, l’acceptation, les besoins et les représentations des utilisateurs des nouvelles technologies pour la gestion de l’anxiété. Elle s’adresse à tous les acteurs concernés : personne vivant avec et/ou souffrant d’anxiété, aidant.e.s et professionnel.le.s de santé. La participation de 6 partenaires (Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Ecosse, Irlande du Nord, France) permettra de réaliser une étude internationale et d’analyser les facteurs liés aux développement et à l’utilisation des nouvelles technologies en santé mentale.
Ce questionnaire est disponible et ouvert à tous jusqu’à fin juin en cliquant ici ! Merci pour votre participation !
NB : les professionnels ou aidants souffrants d'anxiété sont invités à répondre au questionnaire en tant que "personne concernée".

Instruction aux ARS : GEM, Club-house et développement de la pair-aidance professionnelle
L’instruction adressée aux ARS, publiée dans le Bulletin officiel Santé, Protection sociale et Solidarité, du 15 juin 2022, annonce des crédits pour la création de nouveaux GEM et Club-House et la hausse des subventions qui leurs sont accordés. En outre, 4 millions d’euros par an sont fléchés sur l’émergence d’intervenants-pair professionnels, mesure qui avait été adoptée dans le cadre des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie. Les ARS devront lancer des appels à projets : "Les projets retenus pour des postes en établissements sanitaires, médico-sociaux et sociaux devront être portés par des établissements qui sont engagés dans une approche de rétablissement avec des projets de réhabilitation psycho-sociale. Le soutien au projet par les directions et les communautés médicales, soignantes ou d’accompagnement sera déterminant."
Instruction interministérielle N°DIA/DMSMP/DGCS/SD3B/CNSA/2022/128 du 29 avril 2022. (p 236).

Appel à projets : 20 M€ pour la psychiatrie périnatale, de l’enfant et de l’adolescent
L’instruction datée du 25 mai précise aux ARS les modalités de réponses à l’appel à projets destiné aux établissements de santé autorisés en psychiatrie concernant la psychiatrie périnatale, de l’enfant et de l’adolescent, sur les territoires sous-dotés ou non dotés. Cet appel à projets représente 20 millions d’euros en 2022. "Les projets remontés viseront à proposer une prise en charge graduée dans le cadre d’un parcours de soins coordonné, sur la base d’une répartition territoriale de l’offre permettant de couvrir l’ensemble des besoins, telle que définie notamment dans le cadre des projets territoriaux de santé mentale (PTSM). Il sera tenu compte de la logique territoriale de coopération et de structuration de l’offre et de la démarche partenariale avec les autres acteurs (…)." 15 projets au maximum doivent être transmis par région avant le 20 octobre 2022.
Instruction N°DGOS/R4/2022/150 du 24 mai 2022. (p 330)

"Le Jardin du Dedans" : nouvel outil pour sensibiliser les enfants àla santé mentale
Psycom a créé, avec le soutien de l’UNICEF France, le kit pédagogique "Le Jardin du Dedans®" pour sensibiliser les enfants à la notion de santé mentale, ouvrir le débat pour lever le tabou sur la santé mentale et aider les adultes à aborder ces questions complexes avec les enfants. Ce kit pédagogique s’adresse aux enfants âgés de 8 à 11 ans. Il est recommandé de l’utiliser en petits groupes (classe, animation en médiathèque, centre de loisirs, etc.). Il comprend des conseils pour les adultes qui souhaitent parler de santé mentale avec les enfants et prend la forme d’une histoire sous forme d’un kamishibaï (théâtre d’images) composé de 12 planches illustrées, et de deux livrets pédagogiques (1. Avant d’animer, 2. L’animation pas à pas).
En savoir plus et commander.

Rapport annuel du Contrôleur général des lieux de privation de liberté
En 2021, le CGLPL a effectué 124 visites de contrôle d’établissements dont 24 de santé mentale. Concernant le dispositif de contrôle juridictionnel de l’isolement et de la contention, adopté par le législateur le 22 janvier 2022, le CGLPL commente : "Certes cette réforme institue enfin le contrôle juridictionnel de l’isolement et de la contention que le CGLPL appelait de ses vœux depuis 2016, mais sans les nuances qu’il eut été nécessaire d’apporter à cette réforme. Le CGLPL avait recommandé dès l’été 2021 que le dispositif recueille l’adhésion des professionnels au cours d’une consultation institutionnelle large et puisse s’inscrire dans la réalité des pratiques. Il recommandait aussi que l’évolution des pratiques soit accompagnée, notamment par des actions de formation, et que le projet de texte fasse l’objet d’une procédure législative normale permettant le bon fonctionnement de toutes les étapes de concertation et de contrôle de sa qualité. (…) L'instabilité juridique cumulée à un défaut d'accompagnement, à une crise des moyens et à la diversité des doctrines médicales, a provoqué un profond épuisement des professionnels. Dès lors l’alourdissement du volet "administratif" de la prise en charge, si justifié qu’il soit, a conduit des médecins psychiatres à la démission dans une proportion très inquiétante et inconnue jusqu’ici. (…) Il est très regrettable que l’obligation d’intervenir dans laquelle le Conseil constitutionnel a placé le législateur n’ait pas été mise à profit pour se pencher sérieusement sur la situation de la psychiatrie publique." Concernant les pratiques de contrainte : "La diversité des données recueillies par le CGLPL correspond à des interprétations variées de la notion de "dernier recours", alors même que celle-ci, en ce qu’elle fonde une contrainte, ne peut être interprétée que de manière restrictive. La pratique, loin de régresser, se développe et se banalise, parfois considérée comme normale, parfois comme un mal nécessaire. Pourtant, certains établissements n’utilisent pas la contention et isolent peu, c’est donc possible. Bien sûr, il faut tenir compte de certains éléments tels que les modes d’admission de patients en crise, le dispositif ambulatoire ou l’offre de soins libérale. Néanmoins, on ne peut comprendre que le taux de recours aux pratiques d’isolement et de contention connaisse de tels écarts selon les hôpitaux. Les rapports du CGLPL mettent en lumière des facteurs expliquant cette diversité sans la justifier : caractéristiques immobilières, cultures médicales et paramédicales, ouverture ou fermeture des portes, organisation de la filière psychiatrique depuis les urgences jusqu’à la réhabilitation, etc. (…) La mise en place du registre d’isolement et de contention a été comprise par les soignants comme une nécessité administrative voire une pure contrainte réglementaire sans que l’intérêt réel de cette mesure pour l’analyse de leurs pratiques ne leur soit présenté et surtout sans que ce registre ne soit orienté vers une politique de réduction. La mauvaise qualité des données est le symptôme du désintérêt des soignants pour une réforme mal comprise, non intégrée dans une modernisation plus globale de la prise en charge psychiatrique des soins sans consentement. L’échec de la politique de réduction de l’isolement et de la contention en est le résultat."
Lire le dossier de presse.

La Défenseure des droits appelle la Première ministre à mettre en place un plan d’urgence pour la santé mentale des jeunes
La Défenseure des droits et son adjoint Défenseur des enfants appellent à prendre la pleine mesure de la gravité de la situation dans laquelle sont plongés de nombreux jeunes, à agir rapidement pour que la santé mentale des jeunes soit une priorité, et à sortir des approches fragmentaires et strictement sanitaires. Ils demandent au nouveau gouvernement de mettre en place de manière urgente un plan d’action pour la santé mentale des enfants et des jeunes. La Défenseure des droits a adressé un courrier à la Première ministre et écrira aux ministres compétents afin de connaître les suites données à l’ensemble de ces recommandations, notamment : conforter les maisons des adolescents dans chaque département et en sécuriser le financement ; Développer et soutenir les projets de création d’équipes mobiles et reconnaître le modèle de l’équipe mobile comme un "équipement" de l’hôpital ; Renforcer le personnel médical en établissement scolaire, par la présence de plus d’infirmières et de médecins ; Renforcer les moyens de l’école inclusive, afin que tous les enfants en situation de handicap puissent être orientés dans les établissements adaptés à leurs besoins et aient accès aux aides notamment humaines, dans les établissements scolaires dont ils dépendent.
Lire la suite ici.

Formation gratuite de l'UNAFAM : "Adapter sa communication avec un proche souffrant de troubles bipolaires"
Pour l'UNAFAM, former l'entourage des personnes souffrant de troubles bipolaires, le plus précocement possible, dans un souci de retrouver la force d'avancer, c'est leur permettre de mieux accompagner leur proche malade vers le rétablissement tout en se préservant. C’est pourquoi l’association propose une formation gratuite pour les aidants "Adapter sa communication avec un proche souffrant de troubles bipolaires". Les prochaines dates de cette formation : 11 juin 2022 : Strasbourg (67) ; Le Puy en Velay (43) ; 24 juin 2022 : Aix-en-Provence (13) ; 25 juin 2022 : Baratier (05) ; 10 septembre 2022 : La Chapelle St Luc (10) ; 23 septembre 2022 : Toulouse (31) ; 24 septembre 2022 : Paris (75).
Pour bénéficier pleinement de cette journée, il est nécessaire d'avoir suivi le module e-learning accessible gratuitement sur la plateforme https://formaidants.fr/.
Pour en savoir plus.

Appel à candidatures de la HAS pour un groupe de travail indicateur de qualité des soins perçue par les patients adultes en psychiatrie
La Haute autorité de santé a lancé un appel à candidatures pour participer à un groupe de travail chargé de développer un indicateur de qualité des soins perçue par les patients adultes pris en charge dans un établissement autorisé en psychiatrie. Le groupe de travail sera composé de patients ayant eu l'expérience d'une hospitalisation en psychiatrie, de membres de la famille, de professionnels de santé travaillant en établissement autorisé en psychiatrie, de pairs-aidants et de méthodologistes ayant des compétences en validation de questionnaire. Le groupe de travail se réunira au moins 4 fois sur la durée du projet : de septembre 2022 à septembre 2023.
En savoir plus, candidater.

OMS : il est urgent de transformer la santé mentale et les soins qui lui sont consacrés
L’Organisation mondiale de la santé a lancé, le 17 juin, le rapport mondial sur la santé mentale : "Transformer la santé mentale pour tous". S'appuyant sur les dernières données disponibles, il présente des statistiques actualisées, des exemples de bonnes pratiques dans le monde entier, ainsi que des témoignages d'expérience vécue par des personnes concernées. Il met en évidence pourquoi et où le changement est le plus nécessaire et comment il peut être réalisé au mieux. Il appelle toutes les parties prenantes, y compris les ministères de la santé de tous les pays, et les décideurs et responsables de la santé, à travailler ensemble pour renforcer la valeur et l'engagement accordés à la santé mentale, pour remodeler les environnements qui influencent la santé mentale et renforcer les systèmes qui prennent en charge la santé mentale. Premier document général sur la santé mentale édité par l’OMS depuis 20 ans, ce rapport complète le plan mondial pour la santé mentale 2013-2030, en apportant les principes du changement dans l’état actuel du monde, les avantages de la transformation et arguments en faveur de l'investissement en santé mentale, puis enfin les stratégies et bonnes pratiques pour savoir comment opérer le changement.
Les 194 États Membres de l’OMS ont tous approuvé le Plan d’action global pour la santé mentale 2013-2030, par lequel ils s’engagent à atteindre des cibles mondiales pour transformer la santé mentale. Les progrès réalisés localement au cours de la dernière décennie prouvent que le changement est possible. Mais ce changement ne se produit pas assez rapidement, et l’histoire de la santé mentale reste une histoire marquée par l’indigence et la négligence : sur les maigres dépenses gouvernementales consacrées à la santé mentale, deux dollars sur trois vont à des établissements psychiatriques indépendants plutôt qu’à des services de santé mentale communautaires plus proches des gens. Pendant des décennies, la santé mentale a été l’un des domaines les plus négligés de la santé publique, ne recevant qu’une infime partie de l’attention et des ressources dont elle a besoin et qu’elle mérite.
Découvrir le rapport complet (en anglais)La synthèse en français.Le communiqué de presse en français.

Note d'orientation de l'OMS : la santé mentale est une priorité pour l'action sur le changement climatique
Selon une nouvelle note d’orientation de l’OMS, présentée le 3 juin, les changements climatiques représentent de graves risques pour la santé mentale et le bien-être. L’Organisation exhorte donc les pays à inclure l’aide en matière de santé mentale parmi les mesures qu’ils prennent pour faire face à la crise climatique, citant des exemples de quelques pays pionniers à cet égard. Ces conclusions concordent avec un récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publié en février de cette année. Le GIEC a révélé que l’accélération des changements climatiques constituait une menace de plus en plus grande pour la santé mentale et le bien-être psychosocial, entraînant détresse psychologique, anxiété, dépression, tristesse et conduites suicidaires. Les effets des changements climatiques sur la santé mentale ne sont pas les mêmes pour tous, certains groupes étant touchés de manière disproportionnée en fonction de facteurs tels que le statut socioéconomique, le genre et l’âge. Cependant, il est clair que les changements climatiques ont une incidence sur bon nombre des déterminants sociaux qui représentent déjà un très lourd fardeau pour la santé mentale à l’échelle mondiale. D’après une enquête menée par l’OMS en 2021 dans 95 pays, seuls neuf de ces pays avaient inclus la santé mentale et le soutien psychosocial dans leurs plans nationaux sur la santé et les changements climatiques. Cette nouvelle note recommande cinq approches importantes aux pouvoirs publics : Intégrer les considérations climatiques dans les programmes de santé mentale ; Intégrer le soutien en faveur de la santé mentale à l’action climatique ; S’appuyer sur des engagements mondiaux ; Élaborer des approches communautaires pour atténuer les vulnérabilités ; Combler l’important déficit de financement dans le domaine de la santé mentale et du soutien psychosocial.
Lire le communiqué (en français) et la note d’orientation (en anglais).

Profil européen des pairs-aidants
Un projet européen mené ces deux dernières années visait à créer des normes de travail à l'échelle européenne pour les pairs aidants, par exemple une description de poste, les conditions d’emploi ou des profils de compétences. Les productions de ce projet sont désormais accessibles en ligne. On y découvre par exemple des études de cas en Norvège, en Allemagne, en Pologne, en Grèce et aux Pays-Bas ; des recommandations sur les profils de compétences, l’inclusion dans les équipes…
A lire ici (en anglais)

Témoignage : "Je m'appelle Ben et je suis parfois déprimé"
Ben Ogden, coach personnel et créateur de contenu de 24 ans, essaie d'amener les gens à parler de leur santé mentale. Il le fait d'une manière plutôt non conventionnelle, en se rendant dans des gares bondées à travers le Royaume-Uni, tenant des pancartes en carton sur lesquelles on peut lire, par exemple, "Si vous avez des problèmes de santé mentale, parlons-en". Le groupe technique consultatif de l'OMS Europe sur les impacts de la COVID-19 sur la santé mentale a signalé que la santé mentale des jeunes s'est détériorée en raison de la pandémie. Les raisons incluent l'isolement social, l'anxiété générale face à la pandémie et l'incertitude concernant le travail ou l'école. Bien que parler des problèmes de santé mentale puisse aider, il peut être difficile pour les jeunes de s'exprimer en raison de la stigmatisation enracinée. Ben hésitait également à partager ses sentiments avec sa famille et ses amis. "Je ne voulais pas leur mettre la pression", dit-il. L'idée des panneaux lui est venue lorsqu'il a pris le temps de demander à un bon ami comment allait sa santé mentale. "Nous souffrions tous les deux de problèmes de santé mentale", dit Ben. "Et je lui ai juste demandé : Est-ce que ça va ? Et nous avons fini par parler pendant des heures de notre santé mentale. Nous avons passé chaque jour ensemble au cours des 3 derniers mois et aucun de nous ne savait réellement que nous étions tous les deux en difficulté. Qu'est-ce cela doit être pour quelqu'un qui voit ses amis plus rarement ?"
En savoir plus.

Conseils de l’Unicef pour parler de santé mentale avec son enfant
Pour un parent, parler de santé mentale à son enfant peut sembler intimidant. Leur rôle est pourtant essentiel dans le soutien du bien-être mental de leur enfant. Des soins attentionnés et affectueux créent une base solide, aidant l’enfant à développer les compétences sociales et émotionnelles dont il a besoin pour mener une vie heureuse, saine et épanouie. Les experts de l’Unicef ont rédigé une série de conseils et propose des ressources, par tranches d’âges, pour aider les parents à soutenir leur santé mentale celle de leur enfant.
A découvrir ici (en anglais).



Retrouvez les 10 précédentes éditions de la Newsletter du GCS ici.

Copyright © 2022, tous droits réservés.

La Lettre du Groupement de coopération sanitaire pour la recherche et la formation en santé mentale est éditée par le Centre collaborateur de l'OMS (CCOMS), service de l’EPSM Lille métropole. Le GCS a pour objet la recherche, la formation et la mise en œuvre d’actions visant le développement de dispositifs de santé mentale intégrés dans la cité, incluant la prévention et l’insertion des publics souffrant de troubles mentaux. Le Groupement œuvre à la promotion des échanges professionnels et à toute action de lutte contre la stigmatisation en santé mentale et en psychiatrie. Il favorise et soutient la participation des représentants des usagers, des familles et des aidants. Le GCS, dont le conseil scientifique est celui du CCOMS de Lille, relaie les recommandations de l’OMS au niveau national et localement.

Pour éviter que nos communications soient considérées commes des courriers indésirables par votre messagerie, nous vous invitons à ajouter l'adresse adannet@gcs-epsm-lille-metropole.fr à votre carnet d'adresses.

Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification et d’opposition aux données vous concernant que vous pouvez exercer en envoyant un e-mail à alain.dannet@ghtpsy-npdc.fr.
Cliquez sur ce lien pour vous désabonner